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Être ce petit carré de ciel
Blanc contre lequel frottent
Ces feuilles
Dessous rien ne bouge comme si
Personne
D'autre
Ne voyait
Ces amants
Là.
Ensuite il a plu.
Être ce petit carré de ciel
Blanc contre lequel frottent
Ces feuilles
Dessous rien ne bouge comme si
Personne
D'autre
Ne voyait
Ces amants
Là.
Ensuite il a plu.
à la terre je suis attachée
Je découpe
mon cul
en tranches
fines
(slices)
et les dépose
sur
tes yeux.
Ton pantalon soupire.
La lune t'auréole, et la nuit
enduit d'un bleu sombre
tes épaules, nues, et ma bouche
suce ton sein, et tes bras
qui m'entourent me soutiennent
fermement.
Amantes,
nous traverserons les siècles des siècles.
Amarrées
Épanouies
Et confiantes
inspirant bien
quelques idées
de révolution
ici ou
là.
Two woman embracing - Egon Schiele, 1913
L'embrume
Nue dans le soleil je n'arrive pas à m'éveiller
Tout est un rêve et tout est vrai - c'est moi
Qui suis la frontière
Moi qui suis la réalité :
perdue.
comme un trou dans lequel je tombe encore
j'écris
des mots
qui sont mes lèvres suçant ton sein.
Within, she waves.
Her warm
body slides
around my hand, and I
make her sing
and her song
sounds deep,
and glow.
Quel est ce goût
de la vie
que j'ai au fond de la gorge
de l'arrière de ma langue jusqu'entre mes cuisses
qui me remplit et qui m'étoffe
quel est ce goût
épais
onctueux
et grave
et chaud
– je lècherai
encore
tes mains
ce soir
tes fesses, ton dos
cette nuit
quel est ce goût
que je bois de ta bouche
quel est ce goût
de la vie
retrouvé ?
Une petite chose
dont je voudrais parler,
c'est celle qu'est la distance
entre le corps
de deux amant.es
au lendemain de la nuit chaude
– toute petite chose
nue.
À l'ombre de ton corps
longtemps
je veux rester là, pierre,
à me laisser étreindre
sans bouger par le voile
qu'est ta peau sur le jour.
Sous moi la terre
se creuse et accueille
mon poids, la mousse
épaissit
le silence, et m'apaise.
Le frisson
dense
de la vie
sourd.
Un éclat de lumière
sur ma peau :
c'est ta bouche, la rosée.
Roche embaumée
de musc, je m'endors
– là.
Oscillant autour
d'un cri humide, mes doigts,
enfin s'y enfoncent.
à défaut de m'enfuir
dans ton corps
– je veux courir à perdre haleine
et déchirant tous mes vêtements
franchir les branches de tes poumons
prendre appuis sur tes os
de la plante de mes pieds nus
pour plonger dans tes muscles
et battre (cadence folle – dents bras mains cuisses)
battre dans ton sang.
Marcher nue dans l'eau
l'été
la nuit ma peau la douce
brise et le silence
autour.
L'une ou l'autre épaule
se dépose en épice
sur la mienne
salée
et la lune de lait
nappe et enduit
d'indigo les ondes
qui s'enfuient
de nos corps
vers la rive
– nos soupirs.
Accroupi au sol et suspendu, son souffle,
un corps vacille à peine, sorte de caresse
métronomique et inspirante.
Je suis la peau de quelle ombre ?
Sa question vibre au long des herbes moites
de rosée et des racines.
Autour de lui les pins trempent dans le ciel
statiques ainsi qu'en l'océan
peuvent l'être les algues,
pinceaux piqués d'aurore :
Le jour se lève, femme paisible
qui a acquit la grâce des âges et sait
qu'elle a le temps de le faire.
Immergés, ondulent sous les courants
d'air – chauds, froids, chauds, froids –
et ce corps, et ces arbres, et leurs ombres – bleues.
Noués au sol, à l'horizon rivés,
ils tiennent le monde assemblé
et appellent, imperceptibles,
d'une danse un nouveau jour.
Une main sur la berge, et la gauche inondée,
Je ne sais plus si l'une de l'autre est le reflet.
L'autre qui plonge effleure de sous la ligne d'eau
La côte,
Et l'herbe complice colle, plus moite à mon poignet - que j'ai jusqu'aux pieds nu.
Appuyée au rivage, où gémit les abysses,
L'onde avale ma paume et la lèche plus vite - quand moi aussi alors, plus vite je l'agite.
Entre mes seins et l'eau, l'espace et sa fraîcheur
Me happent - m'intiment de plonger.
Les doigts crispés au bord, et tout le corps tendu,
Je frôle encore la rive
- à la recherche
de l'équilibre
vers la chute.